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Guillaume Tell en 2026 : on vous résume le plus gros drama de l’histoire suisse

il y a 1 heure
3 min de lecture
Vous connaissez tous Guillaume Tell. Le mec à l’arbalète. La pomme. Le gamin qui aurait probablement préféré rester à la maison ce jour-là. Mais si vos derniers souvenirs remontent aux cours d’histoire de l’école primaire, Genève Fabuleuse vous fait le récap 2026 du plus gros drama de Suisse centrale.

Nous sommes donc à Altdorf, dans le canton d’Uri, au début du XIVe siècle. Ambiance : les Habsbourg étendent leur autorité dans la région et leur bailli, Hermann Gessler, décide apparemment que la meilleure manière d’asseoir son pouvoir est de planter un poteau au milieu du village, d’y accrocher son chapeau et d’exiger que chaque personne passant devant… s’incline devant le chapeau. Oui. Le chapeau. On était visiblement sur un ego assez solide.


Guillaume arrive. Et Guillaume ne s’incline pas.

Entre alors en scène notre Uranais : Guillaume Tell. Il passe devant le fameux chapeau et ne le salue pas. Dans certaines versions anciennes du récit, Tell essaie même de calmer le jeu lorsqu’il est interrogé. Mais Gessler apprend surtout que notre homme est particulièrement doué avec une arbalète et décide de lui organiser un petit test de compétences dont les RH auraient probablement refusé le concept en 2026.

Une pomme est posée sur la tête de son fils Walter.

Tell doit la transpercer avec son arbalète. S’il rate, autant dire que le repas de famille du dimanche risque d’être légèrement tendu.

Guillaume prend donc son arbalète, vise… et dégomme la pomme.

Propre.

Sauf que Gessler remarque alors un détail : Tell avait préparé un deuxième carreau. Il lui demande pourquoi. Après quelques hésitations, Tell finit par lui expliquer en substance que s’il avait touché son fils avec le premier, le deuxième était pour lui.

Voilà.

À ce stade, on peut officiellement considérer que les relations diplomatiques sont rompues.


Direction prison. Enfin… c’était le plan.

Gessler fait arrêter Tell et décide de l’emmener par bateau sur le lac des Quatre-Cantons. Sauf qu’une énorme tempête éclate. Petit problème : Tell est apparemment l’un des seuls gars à bord capable de gérer correctement l’embarcation.

On le détache donc pour qu’il sauve tout le monde.

Erreur stratégique.

Lorsque le bateau passe près de la rive, Tell profite de l’occasion, saute sur un rocher — la fameuse Tellsplatte — et repousse l’embarcation dans les flots.

Notre homme vient littéralement de transformer son transfert en prison en évasion lacustre.


Guillaume n’avait toutefois pas oublié son deuxième carreau.

Tell rejoint ensuite la Hohle Gasse, le Chemin creux près de Küssnacht, sachant que Gessler doit y passer pour rentrer chez lui.

Il se cache.

Il attend.

Gessler arrive.

Deuxième carreau.

Fin du game.

Selon la légende, Tell abat le bailli et son histoire vient progressivement se mêler à celle de la révolte des cantons de Suisse centrale contre les baillis étrangers, au Serment du Grütli et au grand récit de naissance de la Confédération.

Et c’est là que l’histoire devient encore meilleure

Parce que maintenant que nous vous avons raconté tout ça, il faut casser légèrement l’ambiance : nous ne savons pas si Guillaume Tell a réellement existé.

Son histoire apparaît dans les sources écrites suisses environ un siècle et demi après l’époque où elle est censée se dérouler. Plus troublant encore, des récits beaucoup plus anciens provenant notamment de Scandinavie racontent déjà l’histoire d’un tireur exceptionnel forcé par un souverain à viser une cible placée sur la tête de son enfant. Même la pomme apparaît dans une version danoise médiévale.

Mais finalement, c’est peut-être précisément pour cela que Guillaume Tell est aussi fascinant.


Vrai homme ou immense légende, la Suisse en a fait un symbole. Celui d’un type qui refuse de s’incliner devant une autorité qu’il considère abusive, protège les siens et finit par devenir une incarnation de la liberté. Au fil des siècles, Tell sera récupéré et réinterprété par des courants politiques extrêmement différents, avant que Schiller ne contribue à rendre son histoire célèbre dans toute l’Europe avec sa pièce Guillaume Tell en 1804.


Et près de six siècles après sa première apparition écrite, nous sommes toujours là à raconter son histoire.

Moralité version Genève Fabuleuse : ne sous-estimez jamais un Uranais avec une arbalète. Et si quelqu’un vous demande de vous incliner devant son chapeau… vérifiez quand même le contexte avant de lancer une révolution.

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