Dj Jetlag
- La Fabuleuse

- il y a 15 heures
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Le passeur de grooves qui relie les continents par le dancefloor! Dans l’écosystème électronique actuel, dominé par la vitesse et l’instantané, DJ Jetlag incarne une approche plus patiente, presque intemporelle, du DJing.

Basé à Genève mais nourri d’un parcours profondément international, il incarne cette génération d’artistes pour qui la musique électronique est avant tout une synthèse culturelle, un point de convergence entre souvenirs, territoires et rythmes hérités.
Derrière ce nom se cache Stéphane Marie Françoise, un artiste dont l’histoire musicale commence bien avant les platines. Entre Paris, la Martinique et l’Europe, son parcours s’est construit au croisement des influences. Le disco, le funk et les grooves caribéens ont façonné son oreille avant même sa rencontre avec la house music, créant un socle musical profondément organique qui continue aujourd’hui de nourrir son identité sonore.
C’est dans les années 90, au cœur des cultures insulaires, qu’il fait ses premières armes derrière les platines. Là, au contact du zouk, du dancehall ou de la soca, il développe une sensibilité rythmique particulière, tournée vers le mouvement et la chaleur. Une école du groove qui marque durablement sa manière de mixer et explique cette capacité rare à maintenir une énergie fluide sans jamais tomber dans la rigidité mécanique.
La découverte de la musique électronique agit ensuite comme un déclic. Au début des années 2000, il affine son approche en Europe, passant par Paris puis Londres, où il développe une vision plus club-oriented. Ces années forgent son identité artistique : une house élégante, mélodique, toujours guidée par la musicalité plutôt que par la performance.
Installé à Genève depuis plus d’une décennie, DJ Jetlag s’impose progressivement comme une figure active de la scène locale. Mais là où certains se contentent d’enchaîner les dates, lui adopte une approche plus structurelle. En fondant des initiatives comme Most Wanted et Glitter Fever, il s’investit directement dans la promotion de la culture électronique, contribuant à faire émerger une dynamique communautaire autour de la house et de ses dérivés.
Musicalement, son territoire se situe aujourd’hui à la croisée de l’organic house, de la melodic house et du nu-disco. Une palette qui lui permet de naviguer entre différentes intensités sans perdre sa cohérence. Ses sets ne cherchent pas l’impact immédiat, mais l’installation progressive d’un climat. Une montée subtile, presque narrative, où les textures s’empilent avec patience jusqu’à créer une immersion complète.
Ce qui distingue DJ Jetlag dans le paysage actuel, c’est cette fidélité à une approche profondément musicale du DJing. À l’heure des formats ultra courts et des sets calibrés pour les réseaux, il reste attaché à une vision plus longue, plus respirée, héritée de la culture club traditionnelle. Une manière de jouer qui privilégie la progression, la sensualité et la connexion avec le public.
Son parcours, jalonné de résidences, de festivals et de collaborations, reflète cette constance. Il a partagé des scènes avec des figures reconnues de la house et développé des ponts avec des labels et collectifs influents, consolidant au fil des années une crédibilité construite sur la durée plutôt que sur l’exposition instantanée.
Mais au-delà des références, c’est peut-être dans son rapport au temps que réside la singularité du projet. DJ Jetlag ne suit pas les cycles frénétiques de la scène électronique. Il avance avec une temporalité différente, presque analogue, où l’expérience accumulée devient une matière artistique. Chaque set porte cette densité, ce vécu sonore qui ne s’improvise pas.
Dans une époque où la culture club oscille entre accélération digitale et quête d’authenticité, son profil trouve un écho particulier. Il représente cette génération de DJs-passeurs, capables de relier les époques, les scènes et les influences sans perdre leur identité. Une présence discrète mais solide, bâtie sur le groove, la mémoire et la sincérité musicale.
DJ Jetlag ne cherche pas à réinventer la nuit. Il la prolonge. Et parfois, c’est exactement ce dont la scène a besoin.
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