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Scène de fête
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Outhmax

Dans l’underground suisse, certains DJs avancent sans prétention mais construisent quelque chose de durable. Outhmax fait clairement partie de cette catégorie. Basé entre Genève et la scène romande, il incarne cette génération d’artistes qui ne se contentent plus de mixer : ils bâtissent des formats, des concepts, une culture.

Actif depuis plusieurs années, Outhmax s’est imposé avec une signature sonore ancrée dans un territoire précis : un croisement maîtrisé entre house, afro house et tech house, porté par un sens aigu du groove. Ses sets ne cherchent pas l’effet immédiat, mais l’installation progressive d’une atmosphère. Une manière de travailler la piste dans la durée, en privilégiant la tension et la fluidité plutôt que l’impact frontal.


Sur scène, sa force réside dans cette capacité à créer une connexion organique avec le dancefloor. Pas de surenchère technique, mais une lecture instinctive du public et une musicalité assumée. Une approche qui rappelle les DJs issus de la culture club pure, ceux pour qui le mix reste un langage vivant, évolutif, presque conversationnel. Mais réduire Outhmax à son rôle derrière les platines serait passer à côté de l’essentiel. Là où son projet devient réellement intéressant, c’est dans sa dimension curatoriale. Il fait partie de ces artistes qui comprennent que la scène électronique ne se joue plus uniquement dans les clubs, mais aussi dans les formats qu’elle invente. C’est précisément dans cette logique qu’est né PrintingLab, un concept qu’il co-fonde et qui redéfinit la manière de capturer l’énergie d’un set. L’idée est simple en apparence, mais redoutablement efficace : filmer des performances DJ en live, dans des lieux atypiques, en capturant l’instant brut. Pas de décor artificiel, pas de scénographie surproduite. Juste un artiste, un public, un espace et une caméra. Le projet repose sur une vision claire : documenter la vérité du dancefloor. Chaque session devient une archive vivante, où l’image prolonge la musique sans la trahir. Le spectateur n’est plus extérieur, il est immergé dans la tension du moment, dans les regards, les mouvements, l’électricité collective. Une approche qui transforme le set en objet audiovisuel à part entière, à mi-chemin entre Boiler Room intimiste et carnet de nuit cinématographique. Ce format révèle aussi une autre facette d’Outhmax : son regard sur la culture club. PrintingLab ne cherche pas à lisser la réalité, mais à la sublimer. Loin des contenus ultra calibrés des réseaux, le projet met en avant l’imperfection, la spontanéité, la proximité. Une manière de rappeler que la musique électronique reste avant tout une expérience humaine.


Artistiquement, cette double casquette DJ / créateur de formats lui donne une longueur d’avance. Elle traduit une compréhension plus large de l’écosystème électronique actuel, où l’image, la narration et la communauté jouent un rôle aussi central que le son. Dans une époque où l’exposition digitale redéfinit la carrière des artistes, cette capacité à produire du contenu à forte identité devient un véritable levier.


Musicalement, Outhmax continue en parallèle d’affiner son univers, explorant des textures plus profondes et des structures plus immersives. Son évolution vers la production laisse entrevoir une volonté de prolonger son empreinte au-delà du mix, avec l’ambition de construire un langage sonore personnel.


Ce qui rend son parcours particulièrement captivant aujourd’hui, c’est cet équilibre entre ancrage local et vision élargie. Il reste profondément connecté à la scène suisse, tout en développant des initiatives qui pourraient facilement dépasser les frontières. Une dynamique typique des artistes qui pensent la culture club comme un terrain d’expérimentation, pas seulement comme un circuit de dates.

Outhmax ne cherche pas à accélérer le tempo de sa trajectoire. Il construit, couche après couche, entre dancefloor et caméra, entre groove et mémoire. Et dans une scène électronique souvent obsédée par la visibilité instantanée, cette approche patiente et structurée a quelque chose de profondément moderne.


Parce qu’au fond, certains DJs jouent la nuit. D’autres la racontent. Lui fait les deux.



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